Plus de 5 mois dans ce nouvel appart, dans ce nouveau taf, cette nouvelle ville, ce nouvel épisode. Loin de là où j'ai presque failli me sentir chez moi. En 5 mois j'ai pris de nombreux trains, j'ai laissé s'accumuler cette paperasse que déjà j'avais à peine gérée avant, laissé courir des abonnements inutiles, et j'ai béni les réexpéditions de courriers, merci la poste ! 2000 et quelques photos se sont accumulées dans mon adorable mini portable, en vrac. Mon frigo ne contient toujours que des bières, du lait et du fromage-qui-pue. J'ai enfoui des angoisses, vécu de grands bonheurs, monté beaucoup d'escaliers aussi. J'ai appris des noms de rues, retenu quelques restos sympatoches, trop peu de bars... La schattière est devenue verte, jaune et orange, avec des bouts de vraie vie dedans. Et peut être qu'enfin, dans ces pentes je me sens un peu moins absente.
Sous la pluie ou le soleil, pourtant c'est un peu comme l'ailleurs, comme un chouette cadeau incroyable. Perpétuelle touriste qui se dit qu'ici "ce serait sympa de se poser un brin". Des concerts, des bars entr'amis, des évènements inattendus, une vie de quartier, des tags, des assos', des galeries d'expos, des arbres, des habitants anar, d'autres qui se bougent les fesses pour que ça bouge, de la vie, plutôt plus que dans pas mal d'endroits où j'ai traîné mes guêtres. Mais voilà, sans doute il me manque le principal : tous ces humains que j'aime.... de la bande de pote, au Tigre indispensable, en passant par l'infernal best friend. A quoi ça sert les endroits sympas si on ne peut pas se retrouver en fin de journée pour partager une bière sur une place ombragée en réinventant le monde et en rêvant de voyages autour de lui ? Heureusement il y a "my favourite addict", mon voisin malgré lui ! et puis L&D, encore des doux dingues, hasardeusement rencontrés à Paris alors qu'ils s'apprêtaient à trimbaler leurs cartons dans la même direction que moi. Un de ces hasards heureux, où "tout colle, tout de suite". Mais à quoi ça sert de se sentir chez soi dans cet assemblage si on ne peut pas faire les fous tous les soirs avec ses frangins de vie ? Je m'insurge !
Alors pour la peine, je prends des décisions inconsidérées, comme celle d'installer une abominable tapette à Minnie. Après avoir observé son absence d'efficacité pendant plus de 3 mois, elle finissait par être là pour faire kitsch. Mais dans un accès de gourmandise, Minnie justement, en a fait les frais. Et merde, si j'y avais cru... Minnie si futée qui boudait le chocolat de l'infâme dispositif pour préférer celui de mes tablettes de Lindt (mon 5ème aliment de base) planquées dans les tiroirs . Merde, me voilà transformée en bourreau... ça m'apprendra à faire "comme si la vie c'était pas la vraie" ; enfin disons que Minnie, ça, elle l'a bien appris.
Les crocos, eux, apprendront un chant funèbre.
Ce matin, j'ai aussi assisté à la mort de mon second pantalon en l'espace de 10 jours... le premier avait cédé sous l'hystérie d'acrobaties printanières ; faire la roue et sauter sur le dos d'un Tigre en plein pique nique, ça ne pardonne pas. Le second a vicieusement préféré abandonner la partie, profitant de ma concentration à boucler mes sandales.... Salaud ! J'en suis aussi rouge de colère que lui ! Le troisième quant à lui est disgracieusement taché à vie. Autant dire que je suis désormais à poil ! (A toutes le bonnes âmes qui voudraient enfoncer le clou sur les quelques kilos offerts généreusement comme cadeau de bienvenue par la ville de Lyon, je dis "Vos gueules !" c'est clair ?!). Alors au lieu de me trouver le petit fute qui va bien pour l'été, je vais plutôt m'offrir un formidable 3/4 orange, toujours utile dans une garde robe qui se respecte. Et je vous défie de me perdre dans la foule !
Et moi je me défie de me retrouver dans ce grand n'importe quoi...
... si je pouvais m'assoir sur sa queue, là tout de suite, tout irait mieux !
Diabologum - De la neige en été